Rétrospective 2019 - Bezons

Des oeuvres et des gloses...

Comme un nez !

Alors que nos paysages arborent avec fierté, obélisques, clochers, menhirs et autres érections à la gloir des conquêtes viriles, nos imaginaires sont recouvert d'une culotte très occultante, faisant du vagin une absence de pénis, un contenant sans contenu, une pure concavité vide de sens, un désert culturel. Cette oeuvre est construite comme un "visage/corps" dont chaque "organe" en cache un autre, le plus central étant un "pénis/nez". Mais cet "organe" est-il vraiment aussi lisible qu' "un nez au milieu de la figure" ? Interrogeons ce qui apparait comme une évidence de prime abord !

 

 

 

 

 

Supporter un genre !

Comment sortir d'un "programme" de construction identitaire genrée  ressenti comme extrêmement liberticide et potentiellement mortifère ? Cette oeuvre propose un corps plutôt "indéterminé" accablé par les pressions diverses qui le somme d'opter pour un comportement attendu au vu du sexe révélé à sa naissance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Va te faire voir !

Ici j'interroge les visions de soi confrontés aux visions des autres. Ainsi les frontières entre intérieurs et extérieurs de nos corps peuvent en être désorganisés, confondus... Que cache-t-on et que montrons-nous vraiment ? Que percevons-nous de l'autre ? Que savons-nous de soi ?

 

 

 

 

 

 

Courbettes

Le sexe féminin est peint et dépeint comme le lieu de toutes les turpitudes, variations scatologiques et transmutations. Brèche, faille, con, sa perseption est de l'ordre du danger, de la bêtise, du méprisé qu'il est nécessaire de maitriser et soumettre. " La représentation du vagin comme phallus inversé, que Marie-Christine Pouchelle découvre dans les écrits d'un chirurgien du Moyen-âge, obéit aux même oppositions fondamentales entre le positif et le négatif, l'endroit et l'envers, qui s'imposent dès que le principe masculin est posé en mesure de toute chose. Sachant ainsi que l'homme et la femme sont perçus comme deux variantes, supérieure et inférieure, de la même physiologie, on comprend que, jusqu'à la Renaissance, on ne dispose pas de terme anatomique pour décrire le sexe de la femme que l'on représente comme composé des mêmes organes que celui de l'homme, mais organisés autrement." - Pierre Bourdieu, La domination masculine, chap.1, p.29 - Les  oeuvres relevant du libertinage ou de la gaudriole , de même que celles d'un Courbet ( au Nom duquel je fait une référence dans le titre de cette pièce ainsi qu'à son " Origine du monde " maternel et dépourvu de désir comme de sex appeal ) ou d'un Manet ( " Le déjeuner sur l'herbe " ), sont autant d'oeuvres décisives pour ce qui est de la figuration de la "réalité" du corps féminin. Quant aux avant-gardes, expressionnistes, surréalistes et autres innovateurs, aucun n'a donné une image plus glorieuse, plus autonome de la sexualité féminine. " Courbettes " questionne donc les empreintes laissées dans nos corps par l'acquisition des codes de représentation. Au théâtre sur ce siège, point de surérotisation, juste une empreinte vulvaire et un "membre" dérobé, défendu, planqué ! Mais comment les corps ont-ils pu s'emparer à leurs tours de ce "trône" ? 

 

 

 

 

Echafaudage identitaire ou, pour les versions 2018 : Fagot d'identités 1&2 

De combien de béquilles avons-nous eu, avons-nous, aurons-nous besoin pour aller librement sur nos chemins ? Grandir en ayant comme assignation le féminin es redoutable car souvent "signifiant" d'un manque. Hors le manque, le vide sont irreprésentables et confortent un ressenti d'impuissance ! Quant aux valeurs conquérantes de la virilité, elles s'avèrent tout autant liberticide et frustrante !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A tire l'arigot

Tirons, tirons encore sur la chevillette et la bobinette cherra !

Combien de temps faudra-t-il pour n'être plus dupé par la culture du pouvoir sur nos corps, tous les corps, tous les sexes ? Rendre à chacun un corps entier et une jouissance partagée !

Et ne plus avoir peur du loup !

 

 

 

 

 

 

 

A'Tension

Le travail sur et à travers le textile est appréhendé, non comme une recherche artistique mais comme un "ouvrage de dame" ! C'est souvent ce qui s'entend lorsque les regardeurs "s'émerveillent" et lâchent : "c'est très féminin!"

Hors, comme l'écrit Erik Orsenna dans son ouvrage "Voyage aux pays du coton : petit précis de la mondialisation" : " Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. sans doute parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette."

Dans A'Tension, chaque trait et fil met en agitation, rupture et résistance les perceptions de nos conditions humaines, le tissus étant, comme semble le souligner E.Orsenna, un vecteur sensible et mémoriel universel !


Galerie Hors Cadre - Beauvais - 2018

La proposition autour du fil à la Galerie de Beauvais, a suscité l'envie de remanier certaines oeuvres et reconsidérer leur installation.